Au même moment où notre pays est engagé dans une campagne électorale hystérique et mystificatrice, il redresse la tête sans se l’avouer. Certes, certains sujets préoccupants, voire graves, sont encore mal pris en compte : les dérèglements climatiques, le fanatisme religieux, les zones de non-droit, l’exclusion, la dette publique que nous léguerons à nos enfants. Convenons que ces enjeux sont d’ailleurs bien peu traités dans l’actuel débat politique. Certes les effets sur le taux de chômage de ce redressement qui point se font encore attendre – mais ils apparaîtront, preuve en est la multiplication des zones géographiques et qualifications professionnelles où la pénurie de main-d’œuvre s’intensifie. Pour le reste, les signes d’amélioration se confirment, qu’il s’agisse d’indicateurs subjectifs (le moral des ménages et des entrepreneurs) ou objectifs (l’emploi intérimaire, les mises en chantier de logements, les crédits d’investissement, les carnets de commandes, etc.). Confrontés à la réalité quotidienne, proches du terrain, soumis « en temps réel » aux réactions de leurs administrés, nos élus locaux, dans leur grande majorité, font preuve d’écoute et de pragmatisme. Loin des slogans racoleurs ou clivants, ils savent promouvoir l’efficacité collaborative. Ils se posent, avec réalisme, en facilitateurs, souvent même en initiateurs de projets pour le bien commun.

Mais les mêmes peuvent changer de visages, de discours et de convictions quand ils se laissent entraîner par la supposément « grande » politique partisane nationale, sous le feu des « sunlights ».
Nous vivons donc une étrange et inquiétante double déconnexion entre d’un côté la réalité d’un Pays qui n’aspire qu’à avancer et le fait, et de l’autre, l’image péjorative et dramatique qu’on lui renvoie ; entre un échelon territorial essentiellement consensuel et les débats artificiels, fratricides que l’on veut nous imposer au niveau national.
C’est grave.
Et si, loin des chimères et des solutions de gribouilles, nous revenions simplement, lucidement, au bon sens ? Défions-nous des illusionnistes en tous genres !

 

Patrick MARTIN, Président du MEDEF Auvergne-Rhône-Alpes

Acteurs de l’économie – Avril 2017