A quoi sert encore le MEDEF ?

Patrick MARTIN – Le MEDEF est l’organisation patronale la plus représentative dont les décisions impactent toutes les entreprises. C’est une responsabilité importante mais son rôle doit être repensé. Le monde bouge autour de nous : les nouvelles technologies bouleversent les entreprises, la décentralisation est une réalité à laquelle on ne peut échapper, … et le gouvernement a une approche économique inédite qu’il nous faut accompagner. Le MEDEF doit opérer rapidement un virage stratégique.

 

Pourquoi voter pour vous ?

Je suis un vrai praticien de l’entreprise. Je dirige un groupe familial spécialisé dans la distribution industrielle, au contact de tous les secteurs et implanté sur tout le territoire, qui compte 2500 collaborateurs et va réaliser 710 millions d’euros de CA cette année. Je connais également bien notre organisation : je préside le MEDEF en Auvergne-Rhône-Alpes, la première région industrielle de France et un poids lourd économique, riche de 12 MEDEF territoriaux et 30 branches professionnelles. Je suis déterminé.

 

 

Quel MEDEF voulez-vous bâtir ?

Le MEDEF doit donner plus de sens à son action, avec une démarche constructive et non plus revendicative. Notre organisation doit aussi redéfinir ses priorités, par exemple sur l’Europe, qui est en enjeu essentiel : il nous faut renforcer notre force d’intervention à Bruxelles à hauteur de l’engagement des autres patronats européens, dont je suis proche. Le MEDEF national de demain doit aussi se rapprocher des territoires et du quotidien des entreprises.

 

 

Quelle sera votre priorité ?

Nous devons faire gagner les entreprises pour une raison simple : elles sont au cœur de notre société.  La mère de toutes les batailles est de viser 10 points supplémentaires de taux de marge

de nos entreprises, source d’emploi, d’innovation et d’internationalisation. Je souhaite aussi doubler le nombre d’adhérents du MEDEF sous ma mandature, en recollant l’image du MEDEF national, qui est dégradé, à celle des entrepreneurs, qui, elle, ne cesse de s’améliorer.

 

Quelle place accorderez-vous au dialogue social ?

Les corps intermédiaires et le paritarisme, que certains trouvent ringards, sont au contraire un gage de modernité. J’y crois dur comme fer : on ne peut plus prendre de décisions appropriées si elles ne sont pas concertées avec le terrain. L’étatisation des régimes sociaux n’est pas une alternative crédible, l’Etat n’ayant pas encore prouvé ses capacités de bon gestionnaire. Mais ceci n’exclut pas de se pencher sur la question de l’évolution du paritarisme, et notamment de son financement. Au contraire : il faudra trancher objectivement, pragmatiquement et en mesurant bien les conséquences de nos décisions sur l’influence et les moyens d’action du MEDEF. L’enjeu est clair : répondre aux besoins concrets de toutes les entreprises.

 

Propos recueillis par Marc Landre

Crédits photos : Laurent CERINO

Février 2018

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