On parle souvent du mix énergétique français sans vraiment savoir ce que cela signifie et le scénario que nous devrions privilégier pour notre pays et la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Quelques faits. En France, pour satisfaire nos besoins énergétiques, nous avons recours, pour 40%, aux produits pétroliers, pour 25% à l’électricité (quasi exclusivement décarbonée avec le nucléaire et les renouvelables – hydroélectrique, éolien, solaire), pour 21% au gaz, pour 10% aux énergies renouvelables thermiques (bois, biocarburants, biogaz, déchets) et pour seulement 4% au charbon. Ce mix énergétique fait de la France l’un des pays les plus avancés dans la lutte contre l’effet de serre et le réchauffement climatique, avec 1% des émissions mondiales de CO2 à comparer avec une contribution au PIB mondial à hauteur de 3%. Un citoyen français émet ainsi 5,1 tonnes de CO2 par an alors que son voisin allemand en émet presque le double… et l’Américain trois fois plus !

Contrairement à une idée reçue, c’est le secteur résidentiel et tertiaire qui représente de loin le plus gros consommateur d’énergie (50%), et non pas le transport (30%) et encore moins l’industrie (20%). Pour chaque ménage, l’énergie pèse ainsi plus de 3.000 euros par an.

Efficacité énergétique, Energies renouvelables, Electricité & gaz : les « 3 E »

La révolution numérique et la lutte contre le réchauffement climatique constituent, depuis le début du 21ième siècle, à la fois deux ruptures et deux opportunités majeures pour bâtir un nouveau système énergétique, innovant et conciliant compétitivité économique et respect de l’environnement.

L’efficacité énergétique dans les bâtiments, les transports et l’industrie constitue, dans ce contexte, la priorité numéro un. Le coût de l’énergie n’est, rappelons-le, que son prix multiplié par l’efficacité énergétique dans le cadre de son utilisation. Heureusement, nous ne partons pas de zéro. En France, l’efficacité énergétique a été multipliée par deux en 45 ans, de 1970 à 2015, mais le défi est maintenant de la multiplier encore par 3 d’ici 2050 !

La montée en puissance des énergies renouvelables, qui deviennent de plus en plus compétitives, que ce soit l’éolien terrestre ou bien le solaire photovoltaïque, représente également un enjeu de taille. La part du renouvelable (électrique et thermique) devrait doubler en France pour passer d’environ 15% aujourd’hui à plus de 30% en 2030.

Enfin, il est quasi certain que l’électricité et le gaz seront de plus en plus consommés, à la fois pour assurer le développement des transports, la transition numérique (ordinateurs, serveurs, objets connectés, robotisation…), et la transformation des villes en cités durables (cogénération, réseaux de chaleur, biogaz à partir des déchets…). Il s’agira donc de moderniser et de renforcer nos capacités de production électrique et nos réseaux de transport et de distribution de gaz et d’électricité, dans un monde inéluctablement de plus en plus distribué et connecté.

Première région énergétique française avec plus de 300.000 emplois directs et induits, des centres de recherche sur les énergies nouvelles dans le top 100 mondial, un réseau collaboratif d’exception (grands groupes, PME, enseignement supérieur, pôles de compétitivité, acteurs publics), Auvergne-Rhône-Alpes a clairement une carte à jouer pour relever ce défi et faire de ses nombreuses innovations dans le domaine de l’énergie des technologies compétitives, créatrices de valeur et d’emplois, et déployées proactivement à l’international.

 

Par Jérôme TEISSIER

Président du Comité Energie du MEDEF Auvergne-Rhône-Alpes